« L’avenir du monde dépend de notre capacité à concevoir et à mettre en pratique des utopies réalistes. »
Pierre Rabhi.
« Première étape : Passer de notre rôle de consommateur à celui de ConsomActeur . »
Michel Bogé.
Parce que 4 milliards d’années d’évolution séparent l’apparition de l’humus et celle de l’humain.
Parce que la primauté de l’économie sur le social et l’écologie engendre la faillite de l’humanisme.
Parce que nous pensons que notre rôle dans l’univers est plutôt d’essayer de faire de notre planète bleue un Eden que de s’ingénier à la transformer en Enfer…
Parce que les terres arables sont celles qui disparaissent le plus vite sur la planète pendant que les déserts progressent et que l’eau douce commence à manquer.
Parce que notre gaspillage et notre imprévoyance nous entrainent vers de prévisibles pénuries alimentaires, même dans nos pays du Nord…
Parce que nos meilleurs défenseurs du bio sont devenus des lanceurs d’alertes (Pierre RABHI, Jean-Marie PELT, Philippe DESBROSSES , Pierre GEVAERT, Claude BOURGUIGNON, etc.. )
Si globalement dans nos pays nantis nous consommons comme des bêtes…, que donnons-nous à la terre nourricière, en retour ? Rien.
Nous surconsommons la vie, nous brûlons les énergies, nous consumons la biosphère inexorablement.
Dans tous les pays industriels le chômage prolifère, des millions d’hommes n’ont plus d’espoir de retrouver un emploi parce que la machine, l’électronique et la chimie ont pris insidieusement, petit à petit, leur place.
Agglomérés dans des cités sans âmes, ils se désespèrent parce que le système entier a détruit l’image noble du travailleur manuel et du paysan n’imaginant même plus qu’ils pourraient reprendre leur place d’êtres libres et accomplis en transmutant les énergies de la terre et du ciel.
Parce que les citoyens les plus lucides s’aperçoivent qu’ils sont manipulés par politiciens qui ne tablent que sur le court terme et que leur vote n’est plus en prise directe avec le destin de leur nation.
Parce que dans notre société de consommation actuelle, le consommateur dispose d’un énorme pouvoir, celui d’acheter en conscience en devenant consomActeur. Ce statut lui procure le pouvoir fantastique, qui lui est offert et qu’il n’a même pas besoin de conquérir, celui d’agir par ses achats directement sur l’organisation de la société .
Parce que les instituts de sondage révèlent une tendance émergente : le simple consommateur est en quête de valeurs nouvelles et veut donner plus de sens à ses achats. ( Jacques Attali : Assises de la consommation. Bercy octobre 2009)
Parce que nous les nantis du Nord, nous avons le devoir d’être un exemple vertueux pour les démunis du Sud.
Parce que les AMAP constituent une passerelle entre les citoyens consomActeurs des villes et les maraîchers producteurs des champs. Parce qu’elles remportent un succès fantastique démontrant que tout espoir de réappropriation du destin social par l’individu n’est pas une utopie.
Parce que nous découvrons enfin que, les EM ( les micro-organismes efficaces) apportent la démonstration que les bactéries qui ont créé la biosphère il y a plus de 3 milliards d’années sont la solution pour la sauver aujourd’hui si l’homme veut bien s’allier à elles au lieu de les combattre.
Parce que les voyants de contrôle de l’état écologique de la planète passent au rouge, les uns après les autres et que nous souhaitons donner l’exemple en faisant notre part, nous citoyen consomActeur, nous Colibri, comme Pierre Rabhi nous propose d’être, décidons ici et maintenant d’adopter la stratégie d’action suivante :
- Nous rallions une AMAP existante ou participons à la création d’une nouvelle.
- L’argent ne devant plus être l’unique vecteur nous reliant, nous prenons la décision de restituer une part de la vie qui nous a été offerte. La terre nous donnant généreusement fruits et légumes, nous allons lui rendre la fertilité qu’elle nous a donnée. C’est aujourd’hui possible et de faible contrainte grâce aux EM.
- En effet grâce au système EM-Bokashi, nous pouvons, même en appartement ou sur notre balcon, produire un riche activateur biologique à partir de nos déchets de table fermentescibles. Quant un composteur de jardin nous donne un terreau en 2 ans, un lombricomposteur en 6 mois, l’extraordinaire système EM-Bokashi nous fournit en 1 mois un véritable « starter » biologique. Ainsi toutes les 2 à 3 semaines, en venant chercher notre panier de légumes, nous viendrons déposer « notre récolte de substrats biologiques » destiné à notre maraîcher partenaire pour fertiliser sa terre.
Ainsi grâce à ce procédé innovant, nous n’allons plus nous contenter de rester uniquement le client qui paie, certes solidaire, mais nous allons devenir acteur du changement de nos habitudes, des mentalités et d’une nouvelle espérance. Comment ? D’une part, en faisant faire des économies de ramassage de déchets à la collectivité publique et, d’autre part, en apportant à notre transaction une plus-value nouvelle à partager, humaniste et environnementaliste, gage d’un monde nouveau.
Pendant que la plupart baisse les bras d’impuissance, nous allons faire notre petite part…
parce que les mots des hommes ne suffisent pas pour soigner les maux de la Terre.
Ainsi nous quitterons notre rôle de prédateur de la biosphère pour devenir acteur
de la régénération de la terre, au service des générations futures.
Alors plus de plaintes, plus de « Y a qu’à », plus de « faut qu’on », dès maintenant, on passe à l’action. Même si on n’est pas dans une AMAP, même si on ne peut pas y entrer, même si on ne peut pas en créer une, notre riche substrat fertilisant trouvera toujours preneur et nous fera faire de merveilleuses rencontres. Ce présent, véritable lien d’ancrage avec notre terre nourricière, formidable vecteur de partage avec les autres, va nous permettre enfin de vivre cet humanisme dont on rêve tous et qui tarde tant à s’incarner.
Michel Bogé
Président des ConsomActeurs Associés
Paris, le 12 06 2010
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